dimanche 11 janvier 2009

Témoignage


Je m'appelle Yana. J'ai quinze ans. Je suis de la Russie et ma ville natale est Moscou. Je parle un peu le français.

L'année dernière, à l'école, nous avons appris les chansons de Joe. C'est la première fois que je les entendais en m'y intéressant de plus près. Avant je n'avais pas de chanteur préféré et je n'écoutais presque pas de musique. Mais quand j'ai entendu Joe, cela a changé ma vie. Je n'avais jamais entendu une aussi belle voix de ma vie.

Bientôt, j'ai commencé à comprendre les textes de ses chansons. J'en étais émue encore plus. Toutes ses chansons ont un sens profond. Dans chacune reflète l'âme et les sentiments de Joe. Chaque chanson est un chef d'oeuvre, où on trouve une belle musique, un sens profond et la voix irrésistible de Joe. Cette voix est la plus belle du monde pour moi. Les chansons de Joe ne peuvent pas laisser indifférent. Même ceux qui ne parlent pas français les comprennent. Dans chaque chanson, il a mis tout son amour et soi-même.

Ses chansons touchent l'âme et le coeur, tu vis avec lui. Elles m'aident beaucoup dans ma vie. Bien-sûr, le destin de Joe ne m'est pas indifférent. Je sais un peu de sa vie. Je sais combien il a lutté, mais il n'a pas vaincu... Tout ce qui est lié à lui m'est cher. Je voudrais le connaître mieux. Qui était-il Joe Dassin ? J'espère que vous m'aiderez. Car bien qu'il ne soit plus avec nous depuis plusieurs années, il continue à vivre dans ses chansons et dans le coeur des gens. Ce sera toujours ainsi !

YANA MUNTIAN 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


C'était le 3 septembre 77 à St Calais, une petite ville de la Sarthe, à environ 40 km du Mans. Joe était l'invite vedette de la fête annuelle du pays, la " Fête du Chausson aux Pommes ". Le spectacle eut lieu, le soir, sur la grande place du champ de foire. Il y avait énormément de monde et, comme beaucoup de gens, nous n'étions venus que pour Joe.

Chanter sur un podium en plein air comporte des inconvenients pour un artiste, l'ambiance et les installations étant souvent moins bonnes que dans une salle. C'était le cas ce jour-là et, de plus, le temps était plutôt médiocre. Joe devait avoir un peu froid dans son léger costume blanc, et il paraissait fatigué : c'était vers la fin de sa longue tournée d'été.

Malgré tout cela, il a merveilleusement chanté, toujours égal à lui-même, avec son sourire et son talent habituels. Mais, en dépit des applaudissements et des rappels, son tour de chant s'est terminé sur " l'Amérique ".

Les Reines de la fête lui ont offert des gerbes de fleurs : il avait " gagné l'étape ! ", et elles ont eu la chance de pouvoir l'embrasser.

Moi, je n'ai pas eu ce bonheur ! Une fois le spectacle terminé, j'ai quand même réussi à me faufiler derrière le podium. Là, tout près, j'ai vu Joe passer rapidement un peignoir blanc par dessus son costume de scène et sauter dans sa Mercedes, à côté du chauffeur. La voiture est partie aussitôt en se frayant un chemin a travers la foule.

C'est le dernier souvenir que je garde de ce soir-là. Après, plus rien ne comptait pour moi, pas même le feu d'artifice qui, parait-il, était pourtant superbe.

EVELYNE CHAUBARD
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage - Portrait du professionnel

Un homme qui a succès énorme. Comment y est-il arrivé ?

Il a fait certes la conquête des coeurs de beaucoup de femmes et jeunes filles déjà par son apparence très attractive : "...Sa haute carrure athlétique, son regard bleu, sa voix chaude et son sourire ravageur valent davantage que les plus beaux déguisements et les artifices les plus sophistiqués" ce sont les qualités, dont Joe s'est rendu sympathique pour Maryse (Yvette Massera), qui plus tard deviendra sa femme. Et quand il commence à chanter on ne peut plus lui résister.

Pourtant il y avait une autre qualité, qui l'a aidé à gagner tout le monde. C'était d'être professionnel. Joe Dassin, un artiste absolument d'un grand talent qui pourtant n'a pas confiance en lui, a dit une fois à son parolier et ami Claude Lemesle : "Claude, quand on n'a pas de talent, il faut travailler". Et il travaille d'arrache-pied, il se donne la peine de réécrire et de répéter une chanson mille fois, il est prêt de passer des heures à la polir, alors qu'elle ne devienne parfaite. Et il exige la même chose de ses collaborateurs, qui dans le cas de Joe Dassin presque tous sont ses très bons amis. "Vraiment, c'est pas facile de travailler avec lui. Type attachant et adorable mais des temps en temps emmerdant", Joe est appelé par Lemesle et Delanoë "un mec atta-chiant". Il exige de faire tant de corrections, dont il n'est jamais content, mais après on se rend compte qu'il avait raison.

Joe est perfectionniste, il tache d'atteindre idéal en tout ce qu'il fait. S'il fait ses études d'ethnologie il obtient le doctorat, s'il s'engage dans la littérature, il gagne le deuxième prix au concours national américain pour sa nouvelle "Wade in water" (parue dans Cadeau pour Dorothy en 2013). C'est un homme obstiné et travailleur, qui aime son métier.

Et son métier c'est de distraire le public par ses chansons, qui selon lui en fonction de ce but "ne méritent pas d'avoir de grands exégètes". C'est pourquoi la chanson doit être plus simple, mais pas vulgaire et primitive. C'est notamment cette sorte des chansons qui exige le labeur dur. Joe Dassin s'appelle un artisan de la chanson. Pour lui il n'y a rien de plus penible et en même temps de plus adorable que de faire des chansons. Et comme un vrai professionnel il s'impose des horaires, ou il cherche la chanson. Lorsqu'il chante la chanson devient la sienne, même si ce n'est pas lui qui l'a écrite, il s'y est tant donné. Joe compare des chansons avec des enfants : il préfère les dernières ou même celles qu'on encore fera, peut-être trouvera. La chanson existe déjà, il ne faut que la retrouver.

Joe conjugue très habilement la vie privée avec celle d'une vedette et il ne les mélange jamais. Il a pris pour regle de les séparer, parce qu'une vedette n'a pas de vie privée. Il est un père plein de soins pour ses deux fils, dont il s'ennuie et qui va bientot leur manquer. Pour leur éducation il aurait pu sacrifier sa carrière d'artiste mais il ne lui a resté que très peu de temps.

Joe Dassin part. Mais ce n'est que le père, comme l'a dit journaliste de Paris Match Jean Cau. Joe Dassin, chansonnier et professionnel, il est vivant, il est toujours vivant, il est vivant pour toujours...

STANISLAV KOROLEV
© 2005-2008

Témoignage


J'avoue que c'est avec beaucoup d'hésitations que je me suis mise à vous écrire. J'espère de tout mon être que le fan-Club de Joe Dassin existe toujours. Je suis une de ses fans, et je suis très sincère quand je vous dis que depuis de longues années, j'admire ce chanteur. Il chante si bien. J'aime beaucoup son style, sa façon de s'exprimer dans ses chansons, ses mots, ses pensées, vraiment tout cela me rapproche de lui. Si aujourd'hui on me demande qui est mon idole, je dirais toujours que c'est Joe Dassin. Car pour moi si on aime quelqu'un sincèrement on doit l'aimer toute sa vie. Vraiment Joe Dassin était un être plein de bonté, de générosité et surtout c'est avec amour et poésie qu'il a su charmer le monde.

Je me souviens encore de cette année quand il est venu dans notre île. Tout le monde l'acclamait. Moi, j'étais encore un enfant, je lui ai apporté des fleurs et pour me remercier, il m'a fait des bises.

Jamais, je ne pourrais aimé un autre chanteur comme je l'ai aimé. Son nom restera gravé à jamais sur mon coeur. J'aimerais avoir une de ses photos pour garder en souvenir de mon idole bien aimé et si possible des documents.

Je prie à toute l'équipe du fan-Club de Joe Dassin d'agréer mes salutations les plus distinguées.

Une fan en pleurs.

Affectueusement

ANNICK 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage - LA FIN SUR TERRE ET LE DEBUT AILLEURS


Le monde de la chanson est à nouveau en deuil, il vient de perdre une de ses plus grandes valeurs :

JOE DASSIN

C'est dans le paradis qu'est Tahiti que Joe nous a quittés, cette île du pacifique était pour lui l'endroit le plus merveilleux du monde. En 1972, il avait acquit une terre et déclare : "J'ai acheté ce terrain en mai lors de ma tournée sur ces îles, il est d'une superficie de 20 hectares, il y a une végétation exceptionnelle et surtout 1 km de plage de sable fin ".

A Tahiti, Joe comptait de nombreux amis. Dernièrement Joe avouait : "C'est à Tahiti que je finirai mes jours, l'idéal serait que je puisse y passer la moitié de l'année, avant d'y séjourner définitivement."

Le destin brutal a voulu que sa vie prenne fin à Tahiti, mais beaucoup trop tôt.

Joe, je t'aimais jusqu'au fond du coeur.

QUELQUES PASSAGES DE SA VIE

Il était rentré dans la chanson presque par hazard, apres une rapide incursion dans le monde du cinéma, figurant dans " LA LOI ".

Assistant metteur en scène dans " TOPKAPI ", il avait très vite voulu faire autre chose, ne voulant pas être uniquement le fils de son père.

Devenu célèbre, ne disait il pas sous forme de boutade : "Au début on disait de moi : c'est vous le fils du metteur en scène ? Aujourd'hui on demande à papa : C'est vous le père de Joe Dassin ? ".

Fils de Jules Dassin, donc, et de Béatrice Launer, violoniste dans l'orchestre de Pablo Cassal, Joe était né le 5 novembre 1938 à New York.

A l'université d'Ann Arbor dans le Michigan, il prépare un doctorat en ethnologie et devient " MASTER OF ART ", fonction universitaire. De ce passé d'étudiant il gardera toute sa vie un goût pour la litérature et la sociologie.

Claude Lemesle dit souvent de Joe : "Il était cultivé, on pouvait parler de tout avec lui, histoire, litérature, sport. C'etait un vieil étudiant un peu honteux d'être devenu chanteur. " Pourtant déjà sur les campus il arrivait à Joe de prendre la guitare et de frédonner les rythmes américains découverts au cours de ses randonnées sac au dos. Outre ses propres chansons, il était un excellent musicien, n'oublions pas que c'est lui qui a composé pour son ami Carlos les musiques de : BIG BISOU, SENOR METEO, DU BOUGALOU DU LOUP GAROU. Mais malgré ses qualités évidentes, il n'essayait jamais d'imposer ses musiques que généralement il trouvait mauvaises."

Anxieux, secret, il essayait de prendre beaucoup de recul face à son métier, ce qui ne l'empêchait pas d'être l'un des chanteurs les plus perfectionniste, multipliant les éfforts, prolongeant les séances d'enregistrements. Tant qu'il ne sentait pas la chanson comme parfaite, il faisait tout recommencer. Pendant des séances en studio, il lui arrivait de pietiner sa casquette tellement il était en rogne. Mais ses colères n'étaient pas méchantes, plutôt comme celles d'un gosse qui n'a pas sa sucette assez vite. Il était impatient d'atteindre la perfection.

Une perfection atteinte à de nombreuses reprises, les disques d'or venus recompenser ses efforts en témoignent : BIP-BIP, LES DALTON, qu'il voulait donner à Henry Salvador, CA M'AVANCE A QUOI, puis SIFFLER SUR LA COLLINE, L'AMERIQUE, LES CHAMPS-ELYSEES, DANS LES YEUX D'EMILIE, et surtout L'ETE INDIEN,une " production " face à laquelle Joe gardait une parfaite lucidité. Il disait : " Un chanteur n'est jamais qu'un type qui fabrique des bulles de savon, mais les bulles de savon finissent toujours par crever, alors il faut en faire d'autre. "

Des bulles de savon qu'il fit éclater durant toute sa carrière dans la quasi-totalité des pays du monde : Canada et Etats-Unis, Europe francophone bien sûr, mais aussi l'Amerique du sud et même dans les pays de l'Est. On raconte qu'il fût meme un jour accueilli d'un amical " Bonjour monsieur Dassin " par un chauffeur de taxi d'Allemagne de l'est. L'URSS elle-même avait classé en tête de ses hit-parades " LES CHAMPS-ELYSEES " de Joe Dassin.

Curieusement en France il fût souvent pris à la légère par les gens du métier et ce n'est qu'aujourd'hui que l'on réalise quelle fut sa stature professionnelle.

PHILIPPE GONZALEZ
© 2005-2008

Témoignage


Depuis 1969, je conserve précieusement tout ce qui concerne Joe: coupures de presse, disques, posters, CDs, livres, etc. Je partage cette passion avec ma soeur Laurence. J'ai quelques disques en double, peut-être pourrai-je faire des échanges avec des amis du Club ? Les nouveaux membres qui ne possèdent pas mes listes peuvent m'écrire pour les obtenir. J'ai confectionné, avec les coupures de journaux, six press-books classés par année. Joe m'en avait félicité et n'avait jamais rien vu de pareil. J'ai beaucoup de documents mais je suis toujours à la recherche des manquants.

J'ai beaucoup de souvenirs avec Joe qui a toujours été très charmant avec ma soeur et moi. Il nous tenait au courant de ses émissions car il savait que nous avions toujours une astuce pour rentrer et y assister. Un jour, lors d'un gala privé à Paris pour une association juive, le prix des places étant trop élevé, il nous a spontanément invitées à regarder le gala depuis les coulisses. Il nous a reçu et offert aussi un verre dans sa loge de l'Olympia. Ensuite, nous avons eu le privilège d'être invitées à son studio d'enregistrement quand il enregistrait son dernier 30 cm, qu'il nous a d'ailleurs offert par la suite.

Comme nous étions toujours très discrètes, je crois que Joe nous appréciait. Nous n'ébruitions jamais les choses. Nous avons été les seules à être contactées lors de la cérémonie qui a eu lieu à la synagogue à Paris fin août 1980 en présence de son père. Nous étions également présentes à l'enregistrement de l'émission TV : " 15 Ans De Chansons " ( qui n'était pas publique ) et avons partagé avec l'équipe le gâteau et le Champagne après l'émission.

Nous resterons toujours fidèles à Joe. Je vous remercie encore pour tout ce que vous faites pour notre Ami.

Recevez toute mon amitié.

FRANCINE TAILLARD
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


J'ai eu l'occasion de rencontrer Joe une fois au Théatre de Verdure de Nice, voici 22 ou 23 ans*. (*1970) J'ai decouvert un artiste simple, gentil, qui ne repoussait pas ni les fans, ni la foule en délire qui l'étouffait littéralement malgré le service d'ordre. Il est resté toujours aimable, correct et souriant avec tous, alors que bien des vedettes vociféraient ou fuyaient la foule en jouant des coudes, et fonçaient tête basse au milieu de leurs " gailles " vers une auto qui partait en trombe, sans regarder ceux venus les voir à la sortie. Lui n'a repoussé personne, a parlé gentiment, a pris le temps d'attendre que la foule soit moins pressante et est parti doucement, en faisant bien attention de ne pas causer d'accident. De tous les chanteurs et chanteuses qui passèrent a Niceau cours des 15 jours où j'ai résidé là-bas ( chez un parent ) il a été, et de loin avec Salvatore Adamo, le plus gentil. Joe avait même sérieusement rallongé son tour de chant pour faire plaisir, alors que bien d'autres s'en étaient tenus au programme, et refusaient toute dédicace. Lui avait fini son tour de chant à 1 h. du matin, et à 2 h. 30, il était encore sur le parvis du théatre, entouré par la foule qui ne le faisait pas avancer. Il prenait cela avec bonne humeur et sourire. Je l'ai vraiment trouvé super, et c'est pour cela qu'il a conquis mon coeur ; par sa simplicité et sa bonne éducation. Je n'ai hélas jamais eu l'occasion de le revoir sur scène après ce jour-là.

Je l'ai revu une fois à l'Olympia à Paris lors d'une " première " de Rika Zarai ( c'est une amie ) et il était avec bien d'autres gens du spectacle venu applaudir Rika qui refaisait ses premiers pas après son accident. Je l'ai croisé dans les coulisses où là encore il a été fort aimable avec tous, mais ici au moins il n'y avait pas de bousculades, car seuls les privilégiés et les vedettes étaient admis.

Bravo encore d'avoir le courage d'animer ce Club, et de presque nous faire croire que Joe est encore là. C'était un grand artiste - un vrai - qui avait le respect des gens. Bien qu'il reconnaissait être parfois " râleur " lors des préparatifs de spectacle. C'est bien dommage qu'il soit parti si tôt et si jeune.

Bonne Année aussi a sa maman à qui ce Club doit faire chaud au coeur. Je l'ai découvert grâce a Marie-Thérèse Gorvais qui est ma meilleure amie et une fille formidable.

Avec toute mon amitié.

YVETTE DEHON
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je vous remercie pour la création du Club qui existe depuis 5 ans. Je n'ai jamais oublié Joe, moralement il m'a beaucoup aidé. Cela faisait plus de 10 ans que je l'admirais, quand je l'ai rencontré la première fois à l'Olympia, le 4 février 1977. Plusieurs fois dans la soirée il m'a passé le micro, je chantais avec lui, c'était merveilleux, j'oubliais tous mes ennuis, je ne voyais même plus le public. Après son spectacle, il a descendu les marches et, en me tendant la main, m'a dit : " bonsoir ca va ? " en me regardant droit dans les yeux ; tellement j'etais émue j'ai repondu : oui ?, pas une parole n'a pu sortir de ma bouche, en soupirant il m'a dit : oui. Après le spectacle, je suis allée dans sa loge faire dédicacer mon disque. J'ai réussi à lui dire une petite phrase pour le féliciter, il a ri. Je n'oublierai jamais tous ses bons moments. Son beau sourire. Je l'ai rencontré 3 fois après cela, c'était toujours un immense bonheur. Je prenais ma place des mois à l'avance, dès que le Club de Martine me le faisait savoir, pour être au premier rang.

Je suis très heureuse que le Club continue, je lui souhaite longue vie et vous remercie pour tout ce que vous faites en mémoire de Joe et pour nous tous, ses amis, sans vous nous serions tres malheureux. Bonjour à tous les Amis de Joe.

Sincères Amitiés

DENISE HIERRO 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je découvre ta sensationnelle revue et je te dis cent gros mercis, tu as un don pour nous faire vivre, voyager avec Joe, le retrouver en plein temps du bonheur.

Quelle ambiance de joie suprême, fête des coeurs à cet Olympia 1974, et si je ne l'ai pas vu, je l'ai retrouvé plusieurs fois en province. Je revois Joe, si souple, manier le lasso et je ressens la nostalgie de la fin du spectacle, à chaque fois c'était pareil, il fallait vite que je pense au prochain gala pour avoir le courage de quitter les lieux où je venais de vivre 1 ou 2 heures exquises, emportée dans un autre monde.

Oui Joe, tu as réussi à me donner 12 années, une belle tranche de vie, du plus joli bonheur, celui qui, lorsqu'on le perd, fait mal a mourir. Sans toi Joe, la vie est sans soleil, sans ciel bleu, tout est corvée, tu manques à un point incroyable...

Il faut réellement l'aide d'amis comme toi Jean-Claude pour continuer en songe à vivre avec ce cher Joe, et essayer de penser que peut-être, il n'est pas dans le néant mais qu'il nous voit, nous et ses chers petits...

Je suis très intéressèe par " Les Voyages de Joe " dont celui à Las Vegas. Je le suis pas a pas, découvrant ces paysages grandioses que jamais je ne verrai. Là encore, je sens à quel point Joe aimait découvrir et tout apprécier ! J'aime lire le reportage sur la Californie. Je m'en imprègne de ces lignes où Joe est sous chacune d'elles, ensuite nous voilà a l'Olympia avec les belles photos. Le coeur de Jules Dassin devait être si heureux. Joe donnait tant de bonheur à nous tous, mais à sa famille aussi. Je suis émue en lisant la page de programmation de l'orchestre et de la technique. J'en retrouve qui ont tourné tant d'années. Je les considérais comme une famille ; Landréa ( on l'appelait Blédine ), un autre c'était " La Vie Claire ". Ils avaient leurs petits pots de miel, pain complet, bouteilles d'eau. Je leur laissais parfois quelques bourgognes à déguster entre eux à leur retour. Certains adoraient aussi les amendes. Quelle mélancolie de les sentir tous dispersés, de ne plus pouvoir les retrouver ne serait-ce qu'une fois pour un hommage a Joe.

GENEVIEVE MANN 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


C'est avec le coeur rempli d'émotion que je t'écris au lendemain de l'émission que TF1 a consacré à Joe à l'occasion de la 4e année de sa disparition.

Quand j'ai vu réapparaitre celui que j'adore depuis ma plus tendre enfance, autour de moi, tout s'est à nouveau éclairé. Il avait créé en moi une sorte de courant magique que je sentais passer. Tout ce que j'aimais en lui m'est à nouveau apparu : sa beauté, son charme, sa sympathie, sa gentillesse, son sourire, tout ce qui fait que jamais je ne pourrai l'oublier. Je n'oublierai jamais celui qui m'a donné " les plus belles années de ma vie ", celui qui était mon idole, mon dieu, mon prince charmant, et plus encore. Je ressens aussi beaucoup de choses que je n'arrive pas à exprimer. Je sais qu'il pouvait avoir des défauts comme tout le monde, mais pour moi, il représentait ce qu'il existait de mieux sur terre. Il était la beauté et la gentillesse personnifiée. Lorsque j'etais plus jeune, je le voyais comme un être surnaturel, pas comme les autres... Il était présent dans tous mes rêves. Je rêvais de pouvoir le rencontrer, lui parler,... Il était ( et sera toujours ) mon rêve inaccessible. Il est mon plus beau souvenir, et le plus beau jour de ma vie restera toujours celui où j'ai pu le voir sur scène. Quand je le vois, plus rien n'existe autour de moi. Il efface tout par sa seule présence. Quand j'étais enfant, je croyais que c'était Dieu qui l'avait envoyé parmi nous afin de répandre l'amour et la gentillesse sur la Terre. C'était sans doute vrai puisque Dieu nous l'a repris... Il avait réussi grâce à ses chansons à semer l'amour et la popularité entre les hommes. Je voudrais tellement te dire tout ce que j'éprouve pour Joe, que je ne sais pas comment m'exprimer. Il me tient aussi à coeur de te remercier ainsi que tous les membres du Club, pour tout ce que vous faites afin que d'une certaine façon, Joe continue à vivre dans nos coeurs. Je voudrais aussi te remercier pour ta gentillesse, ta compréhension et aussi ta patience de m'écouter te dire ce que des dizaines de fans ont du déjà te dire. Mais Joe a tellement pris une grande place dans ma vie, que je pourrais parler de lui des heures durant. Jamais un homme ne m'avait fascinée autant que lui. Il était si irréel, si inaccessible... Mais pourquoi parler de lui au passé puisque dans mon coeur, il ne m'a jamais quittée. C'est pour cela que je lui dis avec sincérité: " Joe, tu es le plus grand, et jamais on ne t'oubliera. Nous t'aimons trop pour cela ".

En te remerciant encore une fois pour tout ce que tu fais pour le souvenir de Joe, je t'envoie mes sincères amitiés, et te fais de grosses bises.

VALERIE MAESTRE 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


En 1975, j'habite à Montréal sur la rue Champlain tout près de Télé-Metropole ( TVA ). J'ai 5 ans à l'époque. C'était une magnifique journée d'hiver, je patine au parc juste en face de la maison. Il y a un homme qui arrive à mes cotes qui observe mon petit bonheur... Il fini par venir me dire bonjour et me raconte que je suis le petit rayon de soleil qu'il avait besoin pour combler sa journée. ( A l'époque il y avait moins de peur face aux étrangers ). Il devient mon ami, je le ramène à la maison pour lui offrir des beignets tout juste sorti du four, il accepte mon invitation, traverse la rue avec moi. Ma tante Claudette qui s'occupe de moi pendant que maman travaille ouvre la porte. Elle reste là, bouche cousue sans rien dire. Elle a en face d'elle Joe Dassin lui meme en chair et en os ! ! ! Imaginer vous que M. Dassin stationnait sa voiture plus bas sur la rue pour prends une marche jusqu'à Télé-Metropole. A chaque fois qu'il a passé devant la maison, il est venu nous dire bonjour. 1 million de merci M. Joe Dassin.

J'ai aujourd'hui 30 ans, à l'époque je n'avais pas vraiment idée de qui était Joe Dassin, jusqu'au jour où il est venu manger des beignets chez moi... Tante Claudette est décédée le 7 février 1998, il n'y avait rien au monde pour lui faire partir sa souffrance ou pour lui enlever sa peur de mourir... La seule chose qui l'a rendue heureuse c'est d'entendre la musique de Joe Dassin... Encore merci d'avoir croisé notre chemin à moi et à ma tante Claudette.

Grosse bise

CHRISTINE LEDUC 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Merci mille fois pour les deux superbes cassettes de Julie et de Joe. Je te confie une petite anecdote que Joe a racontée dans une émission diffusée à la télé suisse romande en 1977. L'animateur lui avait demandé quel avait été le plus beau cadeau qu'on lui ait fait. Joe a répondu que c'était la gourmette qu'il portait au poignet. Il racontait que lors d'une tournée en Afrique du Nord, ils avaient été obligés de fixer le prix du billet d'entrée assez haut parce qu'ils avaient eu de gros frais de transport. Du coup, beaucoup de fans ne pouvaient pas s'offrir le billet mais ont assisté quand même clandestinement au concert de Joe du haut des gradins ( c'était un concert en plein air ). Le concert terminé, un des spectateurs clandestins s'est avancé vers Joe, lui a pris le poignet et lui a mis le célèbre bracelet avec " Joe " gravé dessus.

Ce cadeau a touché Joe à ce point qu'il ne l'a plus quitté depuis. ( Ndlr : Joe alternera ensuite deux bracelets identiques à son poignet ).

Je te salue amicalement

CLAUDE NUSSBERGER
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je souhaiterais retrouver une dame du sud de la France ( du côté de Montpellier ) car je repense toujours à l'un des galas de Joe aux arènes de Grau du Roi, en août 1976. J'avais ma place en bordure de l'allée centrale, juste face au podium. Il y avait à côté de moi, une jeune femme d'une trentaine d'années qui tenait ou plutôt soutenait son petit garçon handicapé ( environ 6, 8 ans ). Il se cramponnait aux barrières de protection, juste aux pieds de Joe, et il était en extase devant lui. J'en étais émue. Joe voyait bien que c'était un petit qui le " mangeait des yeux ", ne pouvant croire à la réalité de voir Joe Dassin en vrai ! En effet, sa maman m'a raconté que quelques années auparavant, ce petit fût tellement pris par la voix, les chansons et la vue à la télé de Joe qu'il s'est ouvert à la vie, balbutiant des mots et ne vivant qu'en le voyant. Elle m'a dit que dès qu'elle avait vu que Joe venait à Grau du Roi, elle a vite retenu 2 places. Ce jour-là, ce petit enfant vivait réellement un rêve, c'était touchant au possible quand Joe l'embrassa à la fin du gala. Moi, je pleurais d'émotion, et comme à chaque fin quand s'entonnait " L'Amérique " ça y était, je plongeais dans un cafard, et il me fallait des heures avant de me remettre. Le lendemain, je pensais au prochain soir, à la prochaine télé ; le soleil brillait...

Pour cet enfant, j'aimerais savoir ce que fût la disparition de Joe, lui a-t-on cachée ?! Si des membres de cette région pouvaient par je ne sais quelle coïncidence rencontrer cette maman ! ... Peut-être à l'époque était- elle en vacances ?! Si cette dame connaissait notre Club, ce serait facile. Elle achetait les disques de Joe puisque son petit garçon ne vivait qu'en l'écoutant, fasciné !

Je t'embrasse et tous les chers Amis de Joe.

GENEVIEVE MANN
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


J'ai été très heureux en septembre de revivre quelques grands moments de télévision grâce a l'hommage rendu à Joe par France 3. J'ai été émerveillé en revoyant le document consacré à la chanson " Le Jardin Du Luxembourg ", je ne dois pas en être le seul ! Ce fût vraiment un magnifique cadeau de la part de la chaîne et de ceux et celles qui ont contribué à la réalisation et au succès de cette émission. Il y avait aussi le petit document où figurait Jonathan lors de ses premiers pas, c'était vraiment fabuleux.

Je te remercie pour ta gentillesse à mon égard. Merci encore pour tout et à tres bientôt.

J'attends avec impatience ta prochaine revue.

Longue Vie au Club !

JEAN-FRANCOIS BALANDIER
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Ma passion, mon immense adoration pour Joe a commencé dès mon plus jeune âge, à 4 ans, en 1970. Je suis née au Portugal, et j'y ai vécu pendant 9 ans. Un jour, à la radio portugaise, comme par hasard, pour la première fois, je découvre Joe avec une de ses plus belles et célèbres chansons : " L'Amérique ". Et immédiatement, la voix magnifique, grave, chaude, douce, mélodieuse de Joe m'a fascinée, enchantée, éblouie. Ce fût le coup de foudre ! Il est devenu aussi pour moi mon grand amour ! Surtout son élégance etait impeccable. Aussitôt que je l'écoutais, je l'aimais tellement que mon père, en 1971, 1972, en voyage d'affaires, à New-York, dans le textile, m'a ramené les tout premiers disques de Joe. Et de fil en aiguille, cela a continué. J'ai décidé, moi aussi, d'être une très grande " fan " de Joe. J'achetais un grand cahier d'écolier pour en faire un album avec toutes les photos de Joe que je découpais dans les magazines français que vous connaissez : Podium, etc. Et ensuite, je les collais. Ce qui n'empêche pas qu'à 4 ans, j'avais déjà, là-bas au Portugal, les posters de Joe sur les murs de ma chambre. ( On me les faisait parvenir de France ). Aujourd'hui, encore, je n'oublie pas mon grand ami, lui qui était si sympathique, si gai, si entrainant. Il savait absolument tout faire. Il était génial. Dans ma vie d'aujourd'hui, je ne me lasse pas de l'écouter chaque jour, pour mon immense plaisir. Il m'arrive quand je fais mes activités de frédonner tous ses airs. Je possède tous ses CD et ses disques 45 et 33 tours.

Je resterai toujours aussi fidèle a Joe, bien qu'il soit maintenant pour moi une étoile qui me regarde de là-haut.

J'espère que mon ami Jean-Claude appréciera mon texte, ainsi que vous aussi mes amis, admirateurs de Joe. J'aimerais beaucoup correspondre avec des membres du Club.

A toi, Jean-Claude, et vous tous, en souvenir de notre inoubliable Joe, j'adresse toute ma plus sincère sympathie et toute mon affection.

MYRIAM VAN GEEL 
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je te fais parvenir cette lettre afin de te prouver ma plus profonde sympathie, ma fidélite au Club et à Joe. Je suis sûre que du ciel, il doit penser que je suis une de ses admiratrices très aimable, franche envers lui et qui ne l'oubliera jamais !

Quelle déception pour moi de ne pas l'avoir rencontré plus souvent. Quand je pense que je connais plusieurs personnes qui l'ont côtoyé, je t'assure, Jean-Claude, mon rêve aurait été de rester en contact avec mon grand ami. Je sais que je ne suis pas la seule.

J'ai une de mes très grandes amies, que je connais depuis maintenant 17 ans, qui a été l'infirmière de Joe pendant deux ans, et peut-être meme plus ! Elle l'a soigné par mon intermédiaire, parce que je suis une de ses fans depuis toujours ! Quelle coïncidence, non ? Je vais te dire que de ce côté-là, je suis une amie privilégiée.

Après un récital à l'Olympia, en décembre 1978, j'étais la seule de ses admiratrices qu'il avait reçue car il avait 40° de température.

MYRIAM VAN GEEL
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


J'avais envie de parler avec quelqu'un. Je me sentais très seul. Je voulais me suicider ; j'ai essayé de la faire, je n'ai pas réussi. On m'a sauvé, et je me sentais encore plus mal. Puis une amie m'a envoyé tes cassettes et tes disques. M'a parlé de toi et de ta vie trop courte mais merveilleuse. Avec ta musique, j'ai recommencé a sourire à la vie. A croire que l'amour existe et j'en suis content...

Je te remercie pour ton message d'amour, pour exister, et je remercie aussi les gens qui font des efforts pour que tu ne sois oublié par personne, parce que tu es le chanteur de l'amour.

B. F. BELLINZONA
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Nous sommes un couple d'amoureux qui se disputent souvent, bien que notre amour soit très fort.

Un soir, on voyageait dans la nuit. Il pleuvait, et moi je pleurais... parce qu'on avait décidé de se quitter, car notre amour était impossible. Notre travail nous sépare souvent et les lettres ne suffisent pas à soulager notre éloignement. On avait la radio dans la voiture, et, soudain, ta voix merveilleuse et chaude arriva à notre oreille avec tes chansons d'amour, c'était un message pour nous. On s'est embrassés et on a décidé de s'aimer encore plus fort.

Toi, Joe, tu as fait un miracle, tu as sauvé notre amour. Tu nous accompagnes toujours avec tes chansons depuis ce jour-là. Merci beaucoup.

ALAZ ET ALEX DUVALL
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Ce dimanche soir, je t'écris de la réception de mon restaurant à Palm Springs où j'attends les clients. L'ambiance est superbe avec la cassette de Joe qui chante en ce moment : "Siffler sur la colline", première chanson qu'il m'avait dédiée le soir du gala à Cotignac, le 11 août 1968.

Joe était chez nous avec Maryse depuis une semaine. Le jour du gala, nous avions décidé d'aller manger l'aïoli à la campagne chez des amis. La journée se passa formidablement bien. A 5 H, l'après-midi, je les laissais tous jouant à la pétanque. J'allais mettre la dernière main à l'organisation du gala qui se passait dans la cour de l'Ecole Communale. Joe me dit : "Fais-moi couler un bon bain bien chaud aux aromes de Provence, j'arriverai à 7 H pour me préparer". A l'heure dite, j'attendais Joe. Il venait avant Maryse et mon mari. On sonne à la porte, je vais ouvrir, c'était lui, une serviette éponge roulée autour du cou, grelottant, tout blanc. D'une voix très enrouée, il me dit : "Désolé Huguette, mais je suis tres mal, je ne pourrai jamais chanter ce soir, il faut appeler un docteur". Mon Dieu, tout s'écroulait autour de moi, que fallait-il faire, j'étais toute tremblante et aussi pâle que lui. Je le fais rentrer au salon, il se tourne vers moi, et me dit, me dominant, tel Theo Sarapo dominant Edith Piaf : "Je suis vraiment navré il faut annuler le gala". Du coup, je tombe sur mon derrière sur la première chaise à ma portée. Alors là, comme un ouragan, il se lève comme un fou, me prend dans ses bras, et m'emporte dans une danse tourbillonnante, tout autour de la table, chantant et riant comme un gosse. Il avait parié avec ses copains qu'il allait me faire cette horrible farce.

Voilà une facette de Joe. Quand j'entends cette chanson, je pense à ce moment-là, que j'aurais tant de plaisirs et de joies à revivre, malgré ma frousse.

Je vous embrasse,

HUGUETTE CAREN
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


C'est avec grand plaisir que j'ai reçu la revue. (...) Ici, à Paris, je trouve que le temps passe de plus en plus vite et je cours toujours après un metro ou un train. Heureusement qu'il existe les " walkman " qui me permettent de voyager en compagnie de notre cher Joe.

Récemment, maman et moi, nous sommes allées voir le récital que donnait Jeane Manson à Paris et je dois avouer qu'elle était sublime. Elle a reçu une " standing ovation " et en avait les larmes aux yeux. Elle a toujours eu du talent qui n'a malheureusement pas toujours été reconnu, surtout après la mort de Joe. C'est dommage car c'est vraiment une grande artiste. Je lui ai appris le décès de Bee, elle en a été très attristée, mais nous n'avons, bien-sûr, pas pu parler très longtemps ; c'était juste après le spectacle et beaucoup de personnes voulaient la rencontrer.

J'espère que tout se passe bien pour toi et que tu as toujours cette merveilleuse fois qui te permet de nous faire autant de plaisir chaque trimestre.

Je t'embrasse.

SYLVIE DELFOLIE
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Merci à Julien de nous avoir ouvert sa maison, le soir du 14 juillet. C'est avec émotion que j'ai appris qu'il avait aussi perdu sa mère.

J'ai toujours beaucoup aimé Joe. Je pense souvent à lui ; on ne meurt pas tant que quelqu'un pense à vous. Il n'est donc pas près de mourir car même ceux qui ne l'ont pas connu ne l'oublie pas.

Mon fils, Philippe, est né le 15 août 1980... Ce qui est incroyable, c'est qu'il a toujours eu une grande admiration pour Joe. J'avais ses disques, ses cassettes et ses photos. Je lui ai raconté que j'avais été écouter Joe à Luxenil. Le casino était petit et j'étais face à la scène. J'ai crié : " C'est trop fort ! " et Joe m'a répondu : " C'est bon quand c'est fort ! ".

Je l'ai revu à l'Olympia et à La Baule. C'était toujours la même joie ; quand on aurait Joe, on ne voyait que lui, il aurait pu chanter le bottin, c'était pareil !

Je trouve que l'on n'entend pas souvent ses plus belles chansons.

Joe était du signe du scorpion, rien d'étonnant que l'on dise de lui qu'il était " attachiant ". Mais comme j'aurais aimé être sa servante. Nous nous serions d'ailleurs bien entendu car le taureau et le scorpion se complètent, c'est la terre et l'eau. Il aurait fait de la musique, et moi de la peinture. Il disait qu'il aimait les tableaux. C'était pour lui une fenêtre sur l'extérieur.

Un jour, si Julien se sentait trop seul, ma porte lui serait ouverte. Qu'il ne craigne rien : je n'ai pas de fille à marier ! Mon fils et moi, nous n'avons besoin de rien. Je n'ai que de l'amour à donner.

J'espère que Jonathan et Julien ont passé de belles vacances auprès de leur grand-père. Bonne vie à eux deux, la roue tourne.

Très sincères amitiés.

CLAUDETTE DELFOSSE
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je me présente, Marc, exerçant les talents de chanteur depuis l'âge de 14 ans. Je suis né le 14 mars 1942.

J'étais cuisinier de métier pendant 30 ans, notamment à bord des navires de la Compagnie Générale Transatlantique et au Canada où j'ai vécu 10 ans. Je suis aussi artiste-peinture et photographe. J'ai rencontré Joe Dassin à Montréal lorsqu'il venait au restaurant-bar américain, "Beaux Jeudis-Thuesday", où je travaillais. Souvent je remplaçais le patron dans la salle. C'était en 1972. Joe avait reconnu en moi son sosie car je lui ressemblais beaucoup. Nous parlions souvent ensemble, mais il ne savait pas que je chantais ses chansons sur scène en l'imitant étrangement avec le même timbre de voix.

Je vous envoie une quarantaine de mes interprétations. Les play-backs que je n'avais pas ont été réalisés par les musiciens de l'Opéra de Marseille il y a plusieurs années. A cette époque, ma compagne était deuxième violoniste de l'Opéra.. C'est elle qui m'a fait les play-backs de " Côte Banjo, Côté Violon ", " Salut ", " Il Faut Naître A Monaco ", notamment. Je voudrais dire à Jonathan et Julien que j'ai bien connu leur père qui était très sympa.

Je suis heureux d'adhérer au Club. Je ne savais pas que Bee nous avait quittés, il y a dix ans. J'en suis très peiné ; elle a tant souffert de la disparition de Joe.

Il y a quelques années, j'ai été reçu au restaurant "Chez Gu" a Aix-en-Provence. Je lui avais demandé pourquoi il n'y avait pas de photos de Joe dans son établissement. Il m'avait répondu : "Parce que c'était un ami trop cher", et je le comprends. Je lui avais laissé une cassette avec des chansons de Joe que j'interprétais. Il m'avait répondu : "Je l'écouterai avec attention".

Sur scène, j'imite aussi d'autres artistes, comme Elvis Presley. Joe l'adorait. J'interprète la version américaine de " Dans La Brume Du Matin " créée par Gordon Lightfoot : " Early Morning Rain ". Je joue aussi du piano, de l'harmonica et de la guitare ( depuis l'âge de 15 ans ). Mon plus beau souhait serait de rendre hommage à Joe accompagné par l'orchestre de Johnny Arthey. J'ai quotidiennement une pensée pour Joe, et ma guitare m'en parle tous les jours. La dernière fois que je l'ai vu c'était en 1977 à la salle Vallier de Marseille. Il m'a fait un signe de la main " m'ayant reconnu du Canada. Julien Lepers faisait la première partie de son spectacle.

Encore merci, mon cher Jean-Claude, j'ai apprécié ta lettre et le journal de Joe. Je te prie de croire en ma sincère amitié.

MARC MARTEAUX
(Nom d'artiste : MARC DAVISLEY)
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Témoignage


Je vous remercie chaleureusement pour le bel hommage rendu à Joe dans la revue n° 1. Je vous adresse toutes mes vives félicitations pour cette parfaite réalisation et cette belle mise en page ; je crois que Joe serait heureux et content de savoir qu'il continue à vivre auprès de ses fidèles admirateurs dans d'aussi belles conditions.

Vous avez certainement raison de dire que Joe était un grand artiste et que sa présence sur scène était merveilleuse. J'ai eu l'occasion d'assister à deux de ses galas : en 76 à Tubize et en 77 à La Louvière ; jamais je n'oublierai l'image de ce grand chanteur tellement il était pudique, jovial et naturel. Quel talent et quelle personnalité et combien son orchestration était superbe.

Vous êtes si dévoué pour nous faire connaître la jeunesse et la brillante carrière de celui qui nous a tant donné. Combien le livre des "Amis d'Artistes" est superbe. Plus je le lis, plus j'ai envie de le relire. "Le Californien à Paris" est toute la belle histoire de notre chanteur par excellence ; le poème est un véritable chef d'oeuvre que j'étudie pour le graver à tout jamais dans ma mémoire.

En ce moment, j'écoute les merveilles de Joe : "La dernière page ", "Ton côté du lit", "Les plus belles années de ma vie", "Un peu de paradis". Quelles chansons tendres ! J'en ai le coeur serré... sa voix me charme. A cet instant, je me l'imagine dans la plus belle île du monde occupé a m'inventer un merveilleux récital au son de quelques doux accords de guitare...

MARTHE NERINCKX
Propos recueillis par Le Club
© 2005-2008

Pierre Delanoë

www.facebook.com/Pierre.Delanoe

Né en 1918, Pierre Delanoë a écrit sa première chanson en 1948. Au début des années 50, il a fait la connaissance de Gilbert Bécaud, et cette rencontre fût le début du plus grand parolier de la chanson française. Plusieurs milliers de chansons, dont énormément de tubes, collaboration avec Bécaud (dont il était le parolier principal), Michel Sardou, Nicoletta, Gérard Lenorman, Michel Polnareff... et Joe Dassin.

Delanoë a fait son entrée dans l'équipe à Jojo fin 1968, et depuis, il n'a plus quitté Joe. Leur collaboration n'a pas été toujours facile, à cause du caractère trop exigeant et parfois emmerdant de Joe, mais, malgré tout, ils s'adoraient et se respectaient beaucoup. Delanoë, qui qualifiait Joe comme "un garçon de toutes les qualités: intelligent, beau, cultivé, doué, à une véritable présence scènique", admirait le nombre de talents de Joe, son sens du rythme, son amour de la chanson. Joe, lui, disait: "Je voue à Pierre Delanoë une amitié indéfectible. Cela tient certainement à sa personnalité. Connu et admiré dans le monde entier, champion des droits d'auteur, il se donne autant de mal pour un débutant que pour son vieux compère Gilbert Bécaud..."


Claude Lemesle


Avec Pierre Delanoë, le deuxième auteur fétiche de Joe, Claude Lemesle fait partie des plus grands paroliers français. Sa formidable carrière a commencé grâce à Joe - ils se sont rencontrés en 1966 lorsque Lemesle n'avait que 21 ans. Son talent a tellement frappé Joe et Jacques Plait qu'ils ont invité le jeune parolier à travailler ensemble.

Claude Lemesle collaborait souvent avec Pierre Delanoë - ils écrivaient ensemble et supportaient ensemble les chicanes et de Joe qui les faisait réécrire chaque chanson mille fois. L'été indien, Ça va pas changer le monde, Et si tu n'existais pas, Le café des 3 colombes - voilà juste une petite partie de tubes créés par ce tandem de légende. De temps en temps, Lemesle écrivait seul, et le résultat était toujours aussi parfait: La fleur aux dents, L'équipe à Jojo, La demoiselle de déshonneur, Le Jardin du Luxembourg...


"Joe, tu es connu et méconnu, tu es aimé et sous-estimé. Ton professionnalisme vétilleux et ton manque absolu de confiance en toi t’ont conduit à travailler, retravailler tes chansons et leurs enregistrements sans relâche et ta carrière posthume, qui est le fruit de ta conscience d’artisan et de tes doutes d’artiste, ne dit pas tout de ta personnalité si forte, si riche et si complexe... Maintenant que tu habites ce Nirvana des chansons dont tu parlais si bien, tu dois le vérifier chaque jour de ton éternité. Et tu dois être heureux de voir que tu aides toujours les gens à vivre. Mais moi, il manque une main sur mon épaule..." (Claude Lemesle, février 2000)

Jacques Plait


Le directeur artistique de Joe et un de ses meilleurs amis, Jacques Plait a créé "le" Joe Dassin que l'on aime tant. Il a commencé comme assistant de Maurice Tézé chez Pathé, puis a lancé la marque Capitol en France, a travaillé chez Phillips et, avec Claude Carrère, a découvert une jeune chanteuse Annie Chancel qui est devenue Sheila.

Jacques Plait a connu Joe en 1965, par l'intermédiaire de Jacques Souplet, le directeur de CBS. Le début de cette collaboration n'était pas facile, mais ils se sont entendus très vite et très bien. Jamais la variété française n'a vu de plus belle amitié entre un artiste et son producteur - de plus c'étaient l'artiste et le producteur de génie.

Jacques Plait et Maryse, la première femme de Joe, étaient les seuls au monde qui avaient un peu d'influence sur lui, selon Claude Lemesle et Robert Toutan l'attaché de presse, - l'influence très bénéfique d'ailleurs. Ils croyaient énormément en Joe et, grâce à eux, cet homme angoissé et jamais sûr de lui retrouvait son équilibre.

http://www.studiocbe.fr/
Bernard Estardy dans son studio CBE avec Jacques Plait et Joe © CBE

Après la mort de Joe, Jacques Plait n'a plus travaillé avec les autres artistes - sauf Carlos, pour lequel il a écrit quelques beaux textes de chansons, dont "Mille coups de coeur", un bel hommage à Joe et à Joëlle, chanteuse du groupe Il était une fois, décédée en 1982. En 1994, "Jacquot" (c'était Joe qui l'a baptisé comme ça) a disparu brutalement, après une intervention chirurgicale. "On ne sait pas vraiment de quoi il est mort, - dit Colette Plait, sa veuve. - Peut-être Joe lui manquait trop..."

samedi 10 janvier 2009

Jules Dassin

Mélina Mercouri, Joe et Jules Dassin - photo : Sipa

Grand réalisateur hollywoodien au destin plutôt difficile - il a été victime du maccarthysme, un des figurants de la tristement célèbre "liste noire", - Jules Dassin a su revenir au cinéma après la catastrophe qui l'a fait quitter les États-Unis. En Europe, il a trouvé le "deuxième souffle", mais aussi sa muse, son interprète préférée et sa seconde épouse : Mélina Mercouri. Jules Dassin est le réalisateur de tous les plus beaux films de la divine Grecque: Celui qui doit mourir, Topkapi, La promesse de l'aube et surtout le légendaire Jamais le dimanche.

Joe Dassin a participé aux plusieurs films de son père mais a définitivement quitté le cinéma pour ne pas rester à jamais "fils à papa". Et il a réussi. Au début de sa carrière, on lui disait: "Ah, c'est vous le fils de Jules Dassin !" - mais quelques années plus tard, on s'adressait déjà à Jules : "Ah, vous êtes Jules Dassin, le papa de Joe !" Et Jules Dassin en était plutôt fier...

Avec Mélina Mercouri, il adorait voir Joe sur scène. Il admirait également ses talents de comédien.

publié le 10 janvier 2009

Béatrice Launer-Dassin


Violoniste virtuose qui a travaillé avec des grands de la musique classique dont Pablo Casals, Béatrice Launer-Dassin a transmis sa passion de la musique et son talent à ses 3 enfants. Douée, belle, dotée d'une grande intelligence et d'une force intérieure, elle était admirée pas seulement par ses proches, mais également par les amis de Joe dont Carlos, Jeane Manson, Jacques Plait. Cette femme à "une gueule fantastique et une vie extraordinaire" (selon Carlos) avait une longue correspondance avec Jean-Claude Robrecht, afin de prolonger le souvenir de son fils adoré.

BEATRICE DASSIN RACONTE...
JOE DASSIN par sa mère
Par Béatrice Launer-Dassin, propos recueillis par Jean-Claude Robrecht. Publication de "JOE" (revue trimestrielle du Club) en avril 2004


"Ma seule consolation, c’est que Joe soit mort heureux… Nous étions arrivés à Tahiti le 17 août 1980 avec Jonathan, 2 ans, et Julien, âgé de 6 mois, pour les vacances. Mon fils était à une période de sa vie où il se remettait en question. Il aurait aimé rechanter en anglais, changer de vie. L’année avait été dure pour lui, physiquement et moralement…


Le 17 juillet, à Cannes, il avait été victime d’une malaise qui l’avait obligé à annuler sa rituelle tournée d’été. J’en fus complètement stupéfaite. Il ne m’avait jamais rien dit.
J’ai dit à son médecin: “Gardez-le un mois s’il le faut, afin qu’il se répose vraiment!” Malheureusement, le spécialiste avait déjà appris à mon fils qu’il pourrait quitter l’hôpital au bout de cinq jours. Joe n’avait donc qu’une hâte: rejoindre Tahiti avec ses 2 enfants et moi…


En ce qui me concerne, c’était la première fois que j’allais en Polynésie. Joe voulait me faire voir le terrain qu’il avait acheté, sur l’île de Tahaa, à deux cent kilomètres de Papeete. Il possédait deux petits farés, qu’il considérait comme son paradis…
Le troisième jour, Joe avait invité à déjeuner ses copains français et tahitiens pour me les faire connaître et préparer avec eux le meilleur itinéraire pour me faire visiter l’île. A la table du restaurant, “Chez Michel et Eliane”, deux très grands amis eux aussi, il y avait également Claude Lemesle et son guitariste anglais, Tony Harvey. Nous étions une douzaine en tout.
Joe était fou de joie de partir à Tahaa, et c’est en blaguant qu’il a rempli nos assiettes. J’étais assise en face de lui. Nous allions attaquer les crudités lorsque sa tête, tout à coup, s’est affaissée sur sa poitrine. Sans autre signe avant-coureur.


Lorsque nous avons compris que c’était plus qu’une simple malaise, quelqu’un a crié: “Y a-t-il un médecin dans la salle?” Un homme grand, suffisant, s’est approché et a laché avec dedain: “C’est fini. Il n’y a plus rien à faire”. J’ai saisi l’homme par le col de sa chemise en explosant: “Mais il y a toujours quelque chose à faire!” Tony, le musicien, a tenté le bouche à bouche. Gilbert, le kinésitherapeute, un massage cardiaque. En vain!


La seule ambulance de l’hôpital de Papeete, appelée aussitôt, n’était pas libre et est arrivée tardivement. C’est seulement quarante minutes après l’arrêt du coeur que mon fils est arrivé en salle de réanimation. Pendant ce temps, hélas, personne n’avait pensé à emmener Joe dans sa voiture. Moi-même, totalement anéantie, comme dans un état second, je n’ai pas eu le reflexe de dire: “Mais n’attendons pas les secours et portons-le nous-mêmes à l’hôpital!”


Une amie, Renée Casimir, est venue me prévenir que l’électrocardiogramme indiquait que le coeur battait encore durant de très courts instants. J’ai remercié le ciel. Quelques minutes plus tard, pourtant, Renée m’a appris que les médecins ne pouvaient plus rien tenter: Joe était mort. Je pense qu’a Paris, on aurait pu le sauver.


J’étais dans un terrible état de choc, comme dans un état second. Il m’était impossible de prendre la moindre initiative. D’ailleurs, je n’y pensais même pas. Aussi, ce sont les amis de Joe qui ont pris la décision d’organiser une cérémonie réligieuse avant que son corps ne soit rapatrié vers les Etats-Unis.
La cérémonie a eu lieu à la morgue de Papeete. “La coutûme veut que l’on dépose sur le corps un petit morceau d’un vêtement de la mère”, a précisé le rabbin. Et celui-ci a déchiré une partie de la tunique blanche que je portais sur un pantalon et il l’a posée sur le corps de mon fils. Bien sûr, je possède toujours aujourd’hui le reste de la tunique.


J’ai embrassé Joe. J’ai voulu rester près de lui. Mais, doucement, ses amis m’ont emmenée…


Je ressens sa présence. Il est là, mais lui était un scientifique et ne croyait pas aux prémonitions… Une fois, j’étais à New York chez ma soeur, au moment de l’anniversaire de sa mort. Je n’arrivais pas à dormir et n’arrêtais pas de me répéter: “Tu me manques”… Pour tromper mon angoisse, à 3 heures du matin, je branche la télévision. L’image qui apparaît, ce fut Joe avec une barbe et un chapeau melon. C’était le film “Lady L” de Peter Ustinov dans lequel Joe jouait le rôle d’un policier.
Jamais, Joe n’aurait voulu que nous pleurions son départ. Joe était quelqu’un de gai, un garçon toujours plein d’esprit et d’humour. Deja, tout petit, lorsqu’il était sujet à des crises d’asthme épouvantables, quand il en sortait, il se rattrapait en rigolant.


Lorsque Joe nous a quittés, j’ai abandonné le violon pendant quelques années. Cela n’avait plus de sens dans ma vie. Et puis, j’ai pris conscience que jouer du violon était le meilleur moyen de joindre mon fils. La musique permet de toucher les âmes car elle s’en va dans l’athmosphère… Joe est partout. Il était fier lorsque j’en jouais. Il avait assisté à plusieurs concerts, notamment à Prades dans le sud de la France. Il aurait aimé que j’enregistre sur disque les sonates de Jean-Sebastien Bach, son compositeur préféré. La musique, chez nous, a toujours été reine…


Mon père, un juif autrichien qui avait dû s’exiler aux Etats-Unis, à l’âge de 11 ans, était un mélomane. Lorsque j’ai connu Jules Dassin, j’avais treize ans et lui dix-sept. Il habitait le quartier pauvre de Harlem, a New York, et moi celui du Bronx, à quelques rues de là. Au conservatoire, j’ai choisi le violon qui est devenu mon métier. Nous nous sommes mariés en 1933. Quand les enfants sont nés, Joe d’abord, en 1938, puis, deux ans presque jour pour jour, sa soeur Richelle, que nous surnommions Rickie, puis Julie 4 ans et demi après, je travaillais dans les studios d’enregistrement à Hollywood, tout proche de notre maison. Comme mon mari était mélomane lui aussi, il n’était pas rare que, le dimanche, nous nous trouvions réunis pour un trio ou un quatuor et que nous jouions de la musique de chambre. Les enfants assistaient déjà à 20 heures à notre concert, puis j’allais les coucher.
Nous habitions une petite maison à deux etages. La chambre des enfants était au premier. Tres tôt, j’ai senti chez Joe des dispositions pour la musique. Je me souviens en particulier du Noël qui a suivi la naissance de Rickie. Joe avait donc deux ans. Quand sa soeur est née, nous l’avions mis à l’école maternelle, où il avait appris “Silent Night” (“Douce Nuit, Sainte Nuit”), une chanson qu’il nous a chantée ce soir-là. De sa petite voix très haute de soprano, il nous a chantés toute la chanson parfaitement. Il n’y a qu’un mot qu’il n’avait pas assimilé. Le reste était parfait. La même chose avec les instruments de musique, n’importe quel instrument. Il écoutait, regardait et reproduisait sur le champ ce qu’il avait entendu. En 1949, mon mari qui venait de terminer un film à Londres, avait rapporté pour Pâques à Joe, qui avait 10 ans, un accordéon. Mon fils s’en est saisi, aussitôt, il en a compris le fonctionnement.


Tous ensemble, nous avons connu nos années les plus dures: celles de la crise économique, celles du maccarthysme où Jules a été mis sur la liste noire, lui interdisant tout travail. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes venus vivre en Europe.


En 1949, nous avons sejourné à Londres pendant quelques mois; mon mari y tournait un film intitulé “Les Forbans de la Nuit” (“Night and the City”). Lorsque Jules est parti en Italie, Joe fut mis en pension au Collège de Rosey en Suisse. C’est la seule période ou j’étais éloignée de mes enfants. Les filles étaient dans un autre collège.


En 1950, je venais d’être choisie avec douze autres solistes qui représentaient les Etats-Unis pour participer au Festival de Prades en France dans l’orchestre de Pablo Casals, le célèbre violoncelliste. Apres le festival, j’ai obtenu de Pablo Casals la faveur d’étudier avec lui. Chaque week-end, je faisais le voyage en train de Perpignan à Génève afin de voir mes enfants. Comme je voyageais toujours avec mon violon, mon fils m’a demandé, un week end, de donner un récital au collège. Il était fier de tourner les pages de mes partitions.


En classe, Joe a toujours été le premier. C’est en Suisse qu’il a commencé à apprendre le français. Lorsque nous sommes arrivés à Savigny-sur-Orges en France, il avait 13 ans. Au bout de six mois, il était déjà le premier de son lycée.


Avec Jules, nous sommes devenus presque comme frère et soeur. Il allait bientôt rencontrer Melina, en 1955. La vie était devenue difficile pour moi. Il fallait bien que je travaille. Lorsque son père nous a quittés, Joe est devenu très protecteur envers moi. Mais, en réalité, c’était dans sa nature. Je me souviens que lorsqu’il avait dix ans, je m’étais fait une entorse, tandis que mon mari tournait son film à Londres. C’est Joe qui m’a apporté des compresses chaudes qui lui brûlaient les mains. Le soir, il avait pris l’initiative de préparer des hamburgers pour ses petites soeurs. La nuit, il a trainé son matelas jusqu’au pied de mon lit pour me veiller.


Plus tard, je me souviens aussi du jour où Joe a obtenu son doctorat en ethnologie aux Etats-Unis. Il avait une chapeau et une longue robe noire. Il était superbe.


Lorsque Joe s’est intéressé à la chanson, nous pensions qu’il ne pourrait jamais chanter en public, lui qui était si pudique, si modeste et si réservé. Et puis, il a commencé à accumuler les disques d’or. Je le suivais parfois en tournée. Je me souviens d’un ete merveilleux au sud de la France avec Joe et Maryse, une fille adorable qu’il avait épousé en 1966.


Nous ne nous mettions jamais au lit avant 5 heures du matin, car Joe était tellement angoissé quand il montait sur scène qu’il lui fallait décompresser ensuite. Alors nous palabrions ensemble de tout, de rien. Nous jouions aux cartes. L’angoisse ne l’a jamais quitté tout au long de sa carrière. Cela n’avait rien à voir avec le trac. Joe était un garçon terriblement pudique. Le succès lui faisait plaisir mais le gênait. C’est pour cela qu’il rêvait de vivre aux Etats-Unis ou personne ne le connaissait. Il songeait sérieusement à venir s’installer à Palm Springs. Il rêvait d’un ranch en pleine nature ou il aurait vécu entouré de ses deux fils, sa plus grande fierté, et d’animaux.


Joe était généreux, chaleureux, modeste et très cultivé. Il avait gardé de ses études l’habitude de la lecture. Il aimait les éditions rares. Un jour, il s’acheta les vingt volumes en anglais de l’Encyclopaedia Britannica et il ne put s’empecher de me téléphonner pour me faire partager sa joie: “Maman, pose-moi une question, sur n’importe quel sujet”. Dès qu’il a eu trouvé la bonne page, il se mit à reciter tout le paragraphe qui repondait à la question que je lui avais posée. Il était comme un enfant qui s’émervellait de tout.


Mon fils adorait faire les cadeaux. Le dernier qu’il m’a fait a été une bague ancienne en diamant, juste avant que je ne parte pour les Etats-Unis. Et lui qui avait une profession qui ne lui laissait pourtant pas beaucoup de loisirs, avait pris la peine de découper et creuser dans le sens vertical six livres d’Agatha Christie, un auteur que j’adore. Il les avait empilés les uns au-dessus des autres et avait caché la bague et son ecrin dans le fond. Au debut, je crus bien sûr que c’étaient des livres qu’il m’offrait. De me voir découvrir lentement son cadeau le rejouit vraiment.


Les gens me temoignent infiniment de sympathie, ils me disent toujours que Joe était leur chanteur préféré et qu’il vit dans leur mémoire. C’est pour moi un grand reconfort. Ainsi, sa chanson intitulée “Que sont devenus mes amours?” se termine par “se souviennent-ils de mon passage?” Je vérifie tous les jours que la reponse est “oui!”


Joe a donc réussi ce qu’il voulait. Ma plus grande consolation, c’est de savoir qu’il est heureux là où il est, qu’il ne peut plus souffrir…


Les images que j’ai gardées de mon fils, ne sont pas celles de lui mort, mais vivant. J’ai par exemple quotidiennement sous les yeux, dans ma maison des Yvelines, deux photos de mon fils que m’a fait parvenir Jean-Claude. Chaque fois que je passe devant ces photos, je caresse la joue de mon fils comme s’il était près de moi. Les premières années de sa disparition, j’avais pris l’habitude de mettre chaque jour une rose fraîche près de ses photos.


Désormais, j’ai un autre rite: ou que j’aille, je ramasse un joli petit caillou et lorsque je reviens chez moi, en France ou en Californie, je le dépose autour d’une des photos de Joe ou sur sa tombe. Les fleurs se fanent, les cailloux, eux, sont éternels…


Je vais vous raconter une anecdote. Depuis la disparition de mon fils, chaque fois que j’allais me recueillir sur sa tombe à Hollywood, j’avais la surprise d’y trouver des fleurs fraiches. Intriguée, j’ai cherché quelle main était à l’origine de ce geste émouvant. En vain! Et puis, en 1989, la pierre tombale de Joe ne fut plus fleurie, ce qui m’a permis de découvrir la vérité. Au mois de septembre de cette année-la, en effet, a eu lieu l’explosion d’un avion de la compagnie UTA qui venait du Tchad; l’une des hôtesses de l’air, une Tahitienne, est morte dans la catastrophe. C’était une grande amie de Joe. Elle était affectée à la ligne de Los Angeles. Elle y atterrissait deux ou trois fois par semaine. Ses escales lui permettaient de venir fleurir souvent la tombe de mon fils.


Je suis toujours restée en contact avec le papa de Joe. Nous nous téléphonnons souvent. J’ai entretenu avec lui et Melina Mercouri des rapports amicaux. Chaque fois que Melina jouait au theatre, j’étais au bord de la scène, pour la première. J’ai vu ainsi “Les enfants du Pirée” à Broadway. Et mes enfants ont toujours considéré Melina comme un membre de la famille. Jules a vécu avec elle à peu près autant d’années qu’avec moi. Et lorsqu’ils sont venus chez moi, près de Paris, le 29 juin 1993, j’ai partagé leur détresse. Car je suivais pas à pas, et depuis le début, l’évolution de la maladie de Melina. En 1955, Jules avait tout de suite vu en Melina Mercouri son interprete idéale. Elle avait une si forte personnalité qu’il aimait la restituer à l’écran.


Mon fils est toujours présent dans ma vie. Je lui parle. Quand je ne parviens pas à m’endormir, je regarde les cassettes vidéo de ses émissions de télévision. J’aime tout particulièrement quand il chante en duo avec Jeane Manson “Le petit pain au chocolat”. Ou encore quand il est habillé en Mexicain, avec un grand chapeau, et qu’avec Henri Salvador, déguisé en mosquito, il chante “Le moustique”. J’aime aussi beaucoup un Numéro Un de Maritie et Gilbert Carpentier, lorsque, avec Carlos, Jeane et Dave, il interprète “Petit papa Noel”. Comme vous le voyez, ce sont les sequences gaies que je préfère. Elles lui ressemblent tellement…

Ses chansons, je les écoute aussi (souvent en voiture). Mais j’évite celles qui sont très attachées aux mauvais souvenirs. Je veux vivre avec mes souvenirs heureux, lorsque sur scène, j’admirais Joe comme s’il n’était pas mon fils! Voir le public qui le reclamait et qui l’adorait me faisait énormément plaisir.


J’aime aussi relire les pages que Maryse, sa premiere épouse, et Jacques Plait lui ont consacré dans “Cher Joe Dassin”. Dans cet ouvrage, il est parfaitement décrit. J’adore tout particulièrement les extraits qui ont trait à sa découverte de la Polynésie.


La revue trimestrielle du Club de Joe fait aussi parfaitement revivre la personnalité de mon fils. Un travail comme celui de Jean-Claude m’a aidée à trouver la sérenité. Joe a quand même eu la chance de vivre en peu de temps ce que d’autres ne connaissent pas en toute une vie."


mardi 6 janvier 2009

50 ans de Chansons


La nouvelle réunion des admirateurs de Joe intitulée 50 ans de chansons (il y a 50 ans, en 1959, Joe a enregistré sa toute premiere chanson pour "La Loi", le film de son père Jules Dassin).

Venez redécouvrir le parcours musical et artistique d'un artiste qui nous aura comble... infiniment. Venez rencontrer des admirateurs qui partagent la meme passion pour Joe, et des invités qui nous feront la surprise de se joindre a nous. Pour cette rencontre, nous desirons que la nouvelle exposition soit composée a partir de votre collection personnelle de Joe (disques vinyles, CD, DVD particulièrement rares, photos, documents...). Nous esperons que vous aurez la possibilité de partager avec nous ce rendez-vous de l'amitié...

Le séminaire aura lieu en Belgique, à l'hôtel "Les 3 Clés" a Gembloux (tout comme le séminaire de l'année 2006), le 18 avril 2009, de 14.00 a 01.00.

Vous pouvez vous inscrire jusqu'au 11 avril.

Le prix du séminaire s'élève a 100 euros avec deux manières de procéder: soit en versant l'intégralité de cette somme à l'inscription, soit la moitié payable à l'inscription et le solde restant du au plus tard le jour de la réunion. L'inscription sera effective des réception de l'un de ces montants sur le compte :

6 janvier 2009